Environ 1,7 million de personnes en Suisse travaillent actuellement à temps partiel, ce qui correspond à environ 37,6 % de la population active. Beaucoup choisissent délibérément cette forme de travail pour mieux concilier vie professionnelle et vie familiale. Cependant, ce qui est souvent négligé, c'est qu'un taux d'activité réduit peut avoir un impact direct sur votre prévoyance vieillesse. L’élément déterminant est la déduction de coordination.
Sur la photo : Granit Kabashi, Responsable de la distribution Suisse alémanique et Tessin chez Tellco
La déduction de coordination est un montant fixe qui est soustrait de votre revenu annuel soumis à l’AVS avant que les cotisations à la prévoyance professionnelle (caisse de pension) ne soient versées. En 2025, ce montant s'élève précisément à 26 460 francs et vise à éviter une double assurance avec l’AVS. Granit Kabashi, expert en prévoyance et LPP chez Tellco, explique clairement : « Ce qui est déterminant, c’est le salaire assuré, qui résulte du revenu annuel AVS moins la déduction de coordination. » Plus votre taux d'activité et donc votre revenu sont faibles, plus cette déduction a un impact sur votre prévoyance vieillesse.
La situation devient particulièrement compliquée lorsque vous avez plusieurs emplois à temps partiel en même temps. « La déduction de coordination est calculée séparément pour chaque emploi. Cela peut entraîner une réduction du salaire assuré total par rapport à une situation où l’on est employé par un seul employeur », explique Kabashi.
Une solution pratique pourrait être que les employeurs adaptent proportionnellement la déduction de coordination au taux d'activité réel. Kabashi souligne l'avantage : « Cela permet d'assurer une plus grande partie du salaire, ce qui est particulièrement avantageux pour les personnes travaillant à temps partiel. » Toutefois, toutes les caisses de pension n'offrent pas cette possibilité, il est donc recommandé de vérifier directement.
Si vous travaillez à l’heure, votre salaire assuré est automatiquement adapté au taux d'activité. Kabashi explique : « Dans le cas du travail temporaire, le salaire mensuel assuré est calculé directement à partir du salaire horaire. » Vous devez vérifier attentivement « que l'employeur verse le montant minimum légalement prescrit à la caisse de pension. »
Pour les emplois de courte durée de moins de trois mois, l'obligation LPP est souvent absente. Kabashi recommande donc vivement de combler les lacunes de prévoyance par des rachats volontaires ou des cotisations au troisième pilier : « Le troisième pilier est généralement toujours une bonne idée. »
Vous trouverez plus d’informations précieuses et de conseils pratiques dans l’article complet d’Olivia Ruffiner dans la Schweizer Illustrierte ou sur Blick.